Underground Airlines de Ben H. Winters

De nos jours, dans une Amérique qui pourrait ressembler à celle que l’on connaît si ce n’est que l’esclavage n’a pas été aboli. Dans quatre états du sud il est toujours pratiqué et dans les états du nord certains sont là pour aider les esclaves à s’évader. Victor fait le contraire, ancien esclave il travail pour les U.S. Marshals et traque les fuyards pour qu’ils soient renvoyés sud. Mais son affaire en cours n’est pas comme les autres.

Uchronie, thriller, Underground airlines est surtout une critique de la société américaine actuelle, le racisme dans les états du nord (de la version alternative) ressemblant malheureusement beaucoup trop à celui que l’on trouve aux États-Unis. Du côté du sud, les propriétaires mettent en avant un esclavage du 21ème siècle, sans mauvais traitement et avec des conditions de vie tolérables, très loin de la réalité des violences que subissent les esclaves. Un voile qui permet à la société de consommation de fermer les yeux sur les conditions de productions des produits venant du sud, si peu cher.

Dans underground airlines, le point de divergence de ces 2 mondes est très bien trouvé et comme toute bonne uchronie le roman nous rappelle qu’il suffit d’un événement pour changer l’histoire.

Bonheur TM de Jean Baret

Toshiba et Walmart sont chasseurs d’idées. Ils traquent les fraudeurs, ceux qui ne consomment pas assez alors que la consommation est un devoir. Lors d’une enquête de routine ils vont découvrir un complot qui pourrait fragiliser les bases de la société de consommation.

Bonheur TM nous présente une société où la liberté est totale tant que l’on consomme. Transformation des corps à outrance, sexualités extrêmes et violence font parties de la vie quotidienne et sont souvent des occasions supplémentaires de dépenser. L’identité disparaît au profit du sponsor de vie, dont on peut changer régulièrement, mais aussi de la catégorie dans laquelle on se classe, transhumain, surhumain, netrunner, U-men… Ce roman est une lecture perturbante, il utilise la répétition, des listes, des journées, des slogans…, jusqu’à provoquer l’écœurement chez le lecteur, mais aussi le rire (même s’il est parfois nerveux). Parce que cette société de surconsommation à outrance peut être drôle dans ses excès, mais aussi dans ses références de pop culture. Cette critique de notre société de consommation ne peut pas laisser indifférent et mérite absolument qu’on lui accorde un peu de temps de cerveau disponible.

Entends la nuit de Catherine Dufour

 

Myriame 25 ans commence son nouveau boulot de chargée de veille à la Zuidertoren, dans le quartier de Bercy. Elle se retrouve dans un bureau glacial et est surveillée par un logiciel espion, qui porte le doux nom de Pretty face et s’assure que les employés travaillent vraiment. C’est par l’intermédiaire de Pretty face qu’elle va rencontrer le mystérieux Sir Duncan Vane, l’un des dirigeants de la Zuidertoren. Lorsqu’il lui propose un CDI et de lui trouver un logement elle n’hésite pas trop longtemps, surtout qu’elle est très intriguée par le personnage. Duncan Vane se révèle être décédé depuis un siècle et demi et le petit jeu de séduction devient dangereux.
Avec « entends la nuit » Catherine Dufour nous entraîne dans les rue de Paris mais aussi dans ses entrailles. On visite, on passe entre les murs des grandes bâtisses parisiennes et on croise au passage des êtres malfaisants tirés d’anciens mythes. Les aristocrates anglais sont aussi toxiques que les vampires du nord-ouest américain et le roman pourrait presque ressembler à de la bitlit classique. Sauf qu’il est question de classe sociale, d’immortalité bien sûr et que le tout est traité avec une bonne dose d’humour grinçant. La fin est bien loin des clichés du genre et apporte une bouffé d’optimisme.