Délius, une chanson d’été de Sabrina Calvo

Une tasse de thé, une fleur aux propriétés particulières et des notes de musique qui semblent venues de nulle part, vous voici probablement entré dans l’univers de « Délius, une chanson d’été ».

Dans le très beau roman de Sabrina Calvo nous suivons Lacejambe, un botaniste farfelu et son acolyte Fenby, un elficologue hanté par sa rencontre avec des fées. Tous deux enquêtent sur une série de meurtres perpétrés par le Fleuriste sorte de « jack l’éventreur » aux rituels floraux et nous entraînent à travers le monde et jusqu’au pays des fées.
Au cours du récit nous croiserons entre autre une milice éclectique, un compositeur exalté, un auteur de roman policier bien connu ainsi qu’un enfant qui parle aux mouettes, le tout dans une délicieuse ambiance victorienne.
Dans ce joyeux mélange parfois sombre, souvent lumineux se mêle l’absurde, l’humour et le merveilleux.

Délius est un magnifique moment de poésie.

Underground Airlines de Ben H. Winters

De nos jours, dans une Amérique qui pourrait ressembler à celle que l’on connaît si ce n’est que l’esclavage n’a pas été aboli. Dans quatre états du sud il est toujours pratiqué et dans les états du nord certains sont là pour aider les esclaves à s’évader. Victor fait le contraire, ancien esclave il travail pour les U.S. Marshals et traque les fuyards pour qu’ils soient renvoyés sud. Mais son affaire en cours n’est pas comme les autres.

Uchronie, thriller, Underground airlines est surtout une critique de la société américaine actuelle, le racisme dans les états du nord (de la version alternative) ressemblant malheureusement beaucoup trop à celui que l’on trouve aux États-Unis. Du côté du sud, les propriétaires mettent en avant un esclavage du 21ème siècle, sans mauvais traitement et avec des conditions de vie tolérables, très loin de la réalité des violences que subissent les esclaves. Un voile qui permet à la société de consommation de fermer les yeux sur les conditions de productions des produits venant du sud, si peu cher.

Dans underground airlines, le point de divergence de ces 2 mondes est très bien trouvé et comme toute bonne uchronie le roman nous rappelle qu’il suffit d’un événement pour changer l’histoire.

Bonheur TM de Jean Baret

Toshiba et Walmart sont chasseurs d’idées. Ils traquent les fraudeurs, ceux qui ne consomment pas assez alors que la consommation est un devoir. Lors d’une enquête de routine ils vont découvrir un complot qui pourrait fragiliser les bases de la société de consommation.

Bonheur TM nous présente une société où la liberté est totale tant que l’on consomme. Transformation des corps à outrance, sexualités extrêmes et violence font parties de la vie quotidienne et sont souvent des occasions supplémentaires de dépenser. L’identité disparaît au profit du sponsor de vie, dont on peut changer régulièrement, mais aussi de la catégorie dans laquelle on se classe, transhumain, surhumain, netrunner, U-men… Ce roman est une lecture perturbante, il utilise la répétition, des listes, des journées, des slogans…, jusqu’à provoquer l’écœurement chez le lecteur, mais aussi le rire (même s’il est parfois nerveux). Parce que cette société de surconsommation à outrance peut être drôle dans ses excès, mais aussi dans ses références de pop culture. Cette critique de notre société de consommation ne peut pas laisser indifférent et mérite absolument qu’on lui accorde un peu de temps de cerveau disponible.